Les autobiographies des enfants espagnols de la Rouvière, 1940 : expériences de guerre et d'exil

Thème 3 - Enfants réfugiés en France

 

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Thème 3 - Enfants réfugiés en France

La dernière partie des biographies des enfants de La Rouvière porte sur leurs vies de réfugiés en France. À nouveau, ils dressent un compte rendu précis de leurs expériences: dates d’arrivée en France et de transfert d’un lieu à l’autre, moyens de transport, localisation géographique et description des différents centres d’hébergement. Souvent, après une première évocation dans leurs biographies générales, les enfants y reviennent plus longuement au sein de chapitres spécifiques, ajoutés à la fin des cahiers, qu’ils intitulent « Ma vie au refuge de La Clape » (Pepita et Encarnación Ríos Guerrero), « Ma vie au refuge de Draguignan » (José Izquierdo Torres), « Souvenir du Refuge de la Ferme Achard » (Manuel Izquierdo Torres) ou « Souvenirs de ma vie au refuge de Gramont » (Sara Llerandi Segura).

Les échos entre ces titres suggèrent une consigne adulte, qui favoriserait l’uniformité des récits. Or, sous la plume des enfants, les conditions objectives de l’accueil et leur ressenti personnel s’avèrent extrêmement divers, allant de l’épouvante et la solitude dans une atmosphère quasi-carcérale, aux jeux d’enfants et espiègleries de toutes sortes. Ceci interdit toute généralisation, tant des expériences enfantines que du jugement sur l’accueil des autorités et de la population françaises. Les récits montrent également que la condition des réfugiés ne peut être appréciée de manière globale sur l’ensemble de la période 1939-1940. Leur situation fluctue au gré des événements extérieurs et des politiques françaises, autant d’éléments sur lesquels ils n’ont aucun contrôle. La situation des enfants réfugiés se détériore de manière significative au cours du temps.

L’évocation idyllique de la colonie de La Rouvière, qui constitue la dernière étape du parcours, crée donc un fort contraste. Les biographies elles-mêmes s’interrompent avec l’arrivée dans la colonie, qui fait figure de “happy end” et, par conséquent, de fin de l’histoire. La vie à La Rouvière n’est décrite que par l’insertion dans les cahiers autobiographiques d’extraits de rédactions scolaires qui mettent en scène une vie collective sous le sceau de la gaieté et de l’insouciance.

 

Conflit : Guerre d'Espagne
 
Auteur : Keren, Célia (1982-...)
Date : 1940-12
Mots clés :  La recherche de sécuritécampsdessinenfantsjeuxautobiographiecolonie
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